La dissuasion nucléaire, épisode 3 : la dynamique des activités

03.02.2017

La part des activités de DCNS liées à la composante océanique de la dissuasion, les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), implique durablement et de façon marquée certains sites du Groupe ; elle joue un rôle moteur dans l’écosystème de plusieurs régions en matière d’emplois et d’achats auprès de fournisseurs. Mais les technologies et savoir-faire développés au profit de la dissuasion nourrissent aussi d’autres domaines, permettant au Groupe de renforcer sa crédibilité et sa réputation de maître d’œuvre de programmes complexes au niveau international. Dernier épisode de notre synthèse de l’étude publiée en octobre 2016 par la Fondation pour la recherche stratégique¹.

Si l’ensemble des sites de DCNS en France est innervé par les activités de dissuasion prises dans leur périmètre le plus large, intégrant des moyens et équipements de type conventionnel nécessaires à la mise en œuvre de la force océanique stratégique (sous-marins nucléaires d’attaque, frégates de lutte anti-sous-marine, torpilles, porte-avions Charles de Gaulle), cinq d’entre eux sont plus fortement marqués du sceau des SNLE : Cherbourg, Brest, Nantes-Indret, Ollioules et Ruelle.

Impact territorial et économique des SNLE

Cette répartition territoriale se retrouve au niveau des fournisseurs. 99 % du volume des commandes pour l’activité Dissuasion/SNLE ont pour destinataires des fournisseurs de rang 1 localisés en France métropolitaine ; mais 10 % des départements concernés concentrent 63 % des achats réalisés, dont les Alpes Maritimes, le Var, la Manche, le Finistère, la Loire-Atlantique.

En matière d’emplois, l’impact économique des activités de DCNS liées aux SNLE se distingue selon deux périodes. Hors programme de renouvellement, l’activité génère environ 4 500 emplois directs (effectifs DCNS) et indirects (fournisseurs et sous-traitants) par an. En période de renouvellement : 6 900 emplois directs et indirects par an, sur une période de 20 ans. Dans les 2 cas, la part de la valeur ajoutée créée en France s’élève à plus de 90 %.

N08.013 n° 11 DCNS H Simon

SNLE, SNA… et sous-marins conventionnels : une fertilisation croisée

Métallurgie des coques, discrétion acoustique, informatique des systèmes de combat, propulsion, communications, détection sous-marine ou systèmes de navigation : les technologies mises au point pour les SNLE ont nettement tiré le niveau de performances des autres sous-marins depuis les SNA type Rubis jusqu’au programme Barracuda, sans oublier les sous-marins à propulsion classique : Agosta, Scorpène® et demain les sous-marins australiens.

Une attractivité à l’export

Cette capacité à intégrer des évolutions scientifiques et techniques sur une large gamme de navires conventionnels renforce la crédibilité et la réputation de DCNS. Le Groupe répond aux aspirations d’Etats de plus en plus demandeurs d’innovations maîtrisées et conforte son positionnement de maître d’œuvre capable de gérer un projet aussi complexe que celui de la conception et de la construction d’un sous-marin.

Innovations et applications civiles

Les investissements intellectuels et matériels consentis sur plusieurs décennies tout au long des programmes SNLE et SNA ont concerné des domaines variés. De nombreuses applications civiles en bénéficient aujourd’hui : le secteur médical avec les techniques ultrasonores issues des sonars et radars, l’aéronautique avec les centrales inertielles ou encore l’automobile avec la déclinaison de travaux liés à la discrétion acoustique.

Les compétences « SNLE » par site

  • Cherbourg : conception, production, intégration, essais et démantèlement des SNLE
  • Brest : entretien et modernisation des SNLE, maintien en condition opérationnelle des missiles stratégiques
  • Nantes-Indret : conception, production et essais du système énergie-propulsion
  • Ollioules : systèmes de combat et systèmes d’arme de dissuasion
  • Ruelle : conception et production de sous-systèmes critiques, pyrotechnie

¹http://www.frstrategie.org/competences/defense-et-industries/doc/impact-economique-de-la-filiere-industrielle-composante-oceanique-de-la-dissuasion/

♦ Lire l’épisode 1, La clef de l’indépendance

♦ Lire l’épisode 2, Le SNLE, une « œuvre de synthèse »