Les systèmes drones, une activité qui monte

25.01.2019

Explorer de nouvelles capacités opérationnelles embarquées : tel est le défi relevé par les équipes de Naval Group en étroite collaboration avec la Direction générale de l’armement et la Marine nationale. Différentes activités de conception, de développement et de déploiement s’articulent autour de l’intégration des drones à bord des navires. Le défi est stimulant : les projets avancent rapidement et de nouvelles opportunités s’ouvrent à l’international.

Le point avec Audrey Hirschfeld, responsable de lot de programme, qui travaille sur le programme de nouvelles capacités opérationnelles sur les portes-hélicoptères amphibies (PHA).

Un domaine jeune et en forte progression

L’aventure commence en 2016 : à la suite d’expérimentations réussies à bord du patrouilleur hauturier L’Adroit, Naval Group installe un système de drone sur le porte-hélicoptères amphibies (PHA) Dixmude. Celui-ci est d’abord déployé en mode stand-alone, c’est-à-dire qu’il n’est pas relié au système de conduite de combat mais piloté par une console développée par Naval Group et abritée dans un shelter du pont d’envol. Un deuxième shelter, dans le hangar aviation, est utilisé pour la maintenance du véhicule. « Notre objectif était d’étudier l’impact de sa présence à bord et d’évaluer les mesures de sécurité avant d’élargir l’éventail de ses fonctionnalités », explique Audrey Hirschfeld.

Les essais ont lieu en mai 2017, au large de Montpellier. « Rassemblés sur la passerelle de défense à vue, au crépuscule, les yeux rivés sur le drone, nous avons tous retenu notre souffle jusqu’à son décollage », se souvient l’ingénieure, rappelant l’émotion des équipes devant l’écran du Central Opérations qui diffusait les images de la camera embarquée du drone. « Ce fut notre meilleure récompense », poursuit-elle. Avec à son actif de belles réussites au sein des programmes FREMM et Gowind® Égypte, Audrey a été l’une des premières à rejoindre le projet, attirée par le défi collectif.

Innovation et émulation

Cette première campagne d’essais est convaincante : Naval Group se voit confier l’étude et l’intégration pérenne du système drone au système de conduite de combat du PHA. D’autres campagnes confirment les attentes. Embarqué en septembre 2017 dans la mission Corymbe, dans le golfe de Guinée, et ensuite dans la campagne Jeanne d’Arc, le système drone dévoile peu à peu son potentiel pour des missions de surveillance et de reconnaissance.

« Pour le printemps 2019, nous préparons le déploiement sur le Dixmude. Le système drone comportera une nouvelle console Naval Group, un système de communication plus important et un véhicule aérien supplémentaire », détaille Audrey Hirschfeld.

À terme, un système drone complet – avec deux véhicules aériens, de nouvelles charges utiles – devrait équiper chaque PHA. L’intégration au Tonnerre est prévue pour 2020 et le déploiement à bord du Mistral pourrait suivre peu après, tandis que des offres à l’international sont en cours.

Vivre l’aventure en équipe

L’activité conjugue un large spectre d’expertises sur tous les sites du groupe. « C’est un prisme qui ouvre sans cesse sur de nouveaux domaines, des fonctionnalités encore à inventer. Notre perspective se situe à un horizon de temps rapproché, parfois à échéance de quelques mois. Nous construisons l’édifice pas à pas sur le terrain, en repoussant chaque jour les limites et les contraintes. Dans ce défi, c’est l’humain qui prime : chacun de nous est acteur des solutions à venir », conclut Audrey Hirschfeld.