Julien Vincent, soudeur nucléaire

27.02.2019

Julien est l’un des trois soudeurs nucléaires de l’équipe Propulsion nucléaire du site Naval Group de Toulon. Ensemble, ils ont signé la réfection des deux chaufferies nucléaires du porte-avions Charles de Gaulle, qui aura duré dix-huit mois. Une épreuve du feu pour ce forgeron dans l’âme.

Les soudeurs nucléaires sont les seuls soudeurs habilités à travailler dans une chaufferie nucléaire. « Différentes barrières de sécurité existent pour parer à tout risque de fuite. La soudure nucléaire est la dernière. Son étanchéité doit être parfaite, l’installation doit être entièrement close. Nous n’avons pas le droit à l’erreur », souligne Julien.
D’une grande technicité, ces soudures sur inox sont réalisées en milieu confiné et très exigu. Là où parfois il est impossible de passer une main, les hommes travaillent à l’aide de miroirs, se contorsionnent, sous assistance respiratoire si nécessaire, pour assurer un geste quasi chirurgical.
« Au moment où on déclenche notre torche, le moindre détail doit avoir été préparé en amont. Sur certaines grosses soudures, comme cela a été le cas pour le Charles de Gaulle, nous nous concertons avec Franck et Jérémy, mes deux collègues soudeurs. Bien que nous travaillions chacun de notre côté en 2/8 avec nos propres équipes de chaudronniers et de mécaniciens, nous échangeons sur la manière de les appréhender et de les réussir. Nous nous appuyons aussi sur le référent technique de l’installation pour avoir les données techniques. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y a jamais deux soudures identiques. La même vanne sur un autre bateau à deux semaines d’intervalle n’aura rien à voir avec la précédente. On doit s’adapter en permanence. »

Équipe soudée

La rigueur, la remise en cause permanente, les contraintes, les risques… Julien l’assure : « on ne peut pas être soudeur sans avoir la passion du travail du métal ».
Lui a toujours baigné dans la forge, d’abord comme maréchal-ferrant au sein du régiment de cavalerie de la Garde Républicaine. Puis, « par les hasards de la vie », il s’est retrouvé devant la rade de Toulon. « J’ai frappé à la porte de Naval Group, je me suis formé et depuis dix ans, je m’éclate ici ».
Le trio formé avec ses deux collègues compte pour beaucoup aussi. « On est très soudés ! Et la refonte à mi-vie du Charles de Gaulle a été très bénéfique pour nous. Il nous a permis de performer ».
L’avenir ? « Les sites de Nantes-Indret et Cherbourg pour prêter main forte aux collègues sur les sous-marins de la série Barracuda. Nous les connaîtrons ainsi avant qu’ils n’arrivent en entretien dans quelques années ! »