Portrait d’expert : Julie Troudet, chef de bord de la FREMM Normandie

01.02.2018

Le 1er février, Julie Troudet a vécu un moment important dans sa carrière de chef de bord. La mise à flot de la FREMM Normandie, sixième frégate multi-mission de la série commandées par l’OCCAR au profit de la Direction générale de l’armement (DGA) pour la Marine nationale. L’occasion de revenir sur son métier, ses enjeux face à des délais de construction de plus en plus contraints, imposés par la loi de programmation militaire pour tenir les engagements de livraison en 2019.

Je travaille au pied du bateau sur la préparation, l’anticipation, le suivi des différents chantiers.

Chef de bord, chef d’orchestre ?

« Il y a en effet des similitudes entre les deux ! À l’image d’un chef d’orchestre, je suis en interface avec un grand nombre d’intervenants et de métiers, et il faut que le résultat reste harmonieux. Ma mission est d’assurer le pilotage et la coordination des opérations de construction et de montage à bord afin que la « partition » se déroule au mieux, sans fausse note.

L’objectif est que tout le monde se retrouve au bon moment au bon endroit avec les bonnes informations, les équipements et les matériels requis. J’ai toujours en ligne de mire le planning, la qualité mais aussi la santé et la sécurité du travail des collaborateurs sur les différents chantiers à bord. »

Collectif et proximité sont pour moi les clefs de la réussite.

Concrètement, comment travaillez-vous ?

« Je travaille au quotidien avec une équipe « rapprochée » représentant les différents métiers présents sur le bateau : aménageurs, coquiers, peintres, électriciens, planificateur, chargé de prévention SST… Ils sont mes relais avec l’ensemble des personnes qui participent à la construction.

Je travaille au pied du bateau sur la préparation, l’anticipation, le suivi des différents chantiers, en tenant compte des contraintes, comme les co-activités. C’est un métier qui demande de la rigueur, de l’écoute et la passion pour le travail d’équipe. Collectif et proximité sont pour moi les clefs de la réussite. »

Comment s’est préparée la mise à flot de la FREMM Normandie ?

« C’est mon baptême du feu en tant que chef de bord. La mise à flot est toujours une étape majeure dans la vie d’un navire. Je l’ai vécu intensément parce que je suis au cœur de sa construction : en m’assurant que la FREMM est bien apte à la mise à flot.

Par ailleurs, nous l’avons préparé dans un contexte de délais très contraints pour respecter nos engagements de livraison auprès de la Marine nationale. Pour relever ce défi, nous avons identifié et mis en œuvre des améliorations, techniques et d’organisation, partagées avec les équipes – par exemple en aménageant des chantiers en 2 et 3×8.

Tout cela se traduit à mon niveau par un gros travail de communication en amont. Il s’agit d’apporter la bonne information assez tôt dans le processus afin d’identifier et régler les problèmes éventuels.

La réussite de la mise à flot du 1er février est le fruit de ce travail collectif. Il va se poursuivre avec la phase de finitions et essais à quai, jusqu’à la livraison en 2019. »

Julie Troudet en 4 dates

  • 2000 : Julie intègre Naval Group (DCN à l’époque) comme planificatrice sur le site de Nantes-Indret
  • 2007 : Lorient devient sa nouvelle base en tant que responsable de la planification pour la frégate Chevalier Paul et la FREMM Aquitaine
  • 2012 : coordinatrice de bord pour les FREMM Tahya Misr et Auvergne
  • 2017 : chef de bord FREMM Normandie