Conseil scientifique : 18 mois d’existence et de belles perspectives

11.01.2018

Une interview croisée de Joël Bertrand, directeur de recherche au CNRS et président du Conseil scientifique de Naval Group, et Éric Papin, Chief Technical Officer et directeur de l’Innovation et de la Maîtrise technique chez Naval Group.

Quinze membres, cinq nationalités : le Conseil scientifique de Naval Group est international et pluridisciplinaire !

Joël Bertrand : « Notre mission est d’aider à inventer Naval Group à l’horizon 2040. Quels produits fabriquera-t-il, pour quels usages ? Quel sera son métier ? L’approche est scientifique, technique mais aussi sociologique, anthropologique… Notre vocation est d’accompagner les réflexions clés pour l’avenir du groupe, en nous appuyant sur les meilleurs chercheurs dans leur domaine. »

Comment avez-vous appréhendé l’univers du naval de défense ?

J.B. : « Suite à la création du Conseil, nous avons constitué 3 groupes de travail et nous sommes rendus sur les sites de Cherbourg, Nantes-Indret, Toulon-Ollioules mais aussi à bord du porte-avions Charles de Gaulle à Toulon. Prochaine étape : nous nous rendrons en janvier 2018 au Technocampus Ocean à Nantes pour une visite de Research, le centre de recherche technologique de Naval Group. »

Quels travaux avez-vous engagés depuis la création du Conseil en mars 2016 ?

J.B. : « Un premier groupe de travail a regardé le navire comme un système complexe socio-technologique pour imaginer le métier de Naval Group demain. Un deuxième groupe a réfléchi aux évolutions des systèmes complexes, dont les systèmes et l’électronique embarqués. L’une de nos conclusions est qu’il faut mieux concilier temps long et temps court : 20 ans pour construire une nouvelle génération de navires, mais 5 ans pour qu’une technologie soit obsolète ! Le troisième groupe de travail a éclairé le potentiel des batteries lithium-ion, dont l’évolutivité est extrêmement forte et rapide. »

Quelles sont vos prochaines étapes ?

J.B. : « Nous allons élargir nos travaux, par exemple sur des matériaux accélérateurs d’intégration. L’intelligence artificielle jouera un rôle clé dans de multiples domaines. En 2018, le Conseil scientifique a une feuille de route avec six sujets : les matériaux, les énergies, la simulation intégrale, les systèmes complexes, l’intelligence artificielle et enfin la prospective générale. »

En 2018, le Conseil scientifique crée son prix : pourquoi et comment ?

Éric Papin : « C’est la preuve que l’action de Naval Group s’inscrit aussi dans le domaine scientifique. Nous avons des chercheurs de haut niveau et souhaitons que leurs travaux soient reconnus. Le principe du prix est simple : après un appel à candidatures début 2018, le jury sélectionnera les projets qui contribuent le plus fortement à notre dynamique de développement et nommera in fine un lauréat. Le prix sera remis aux Naval Innovation Days 2018, un événement rassemblant la Direction générale de l’armement, la Marine nationale ainsi que nos partenaires académiques et industriels. »

Le Conseil scientifique est donc en ordre de marche ?

É.P. : « La présentation de ses premiers travaux au Comité exécutif en novembre concrétise son fonctionnement et son apport à l’avenir de Naval Group. En 2018, les membres du Conseil, tous nommés pour 2, 3 ou 4 ans renouvelables, seront au nombre de 15, dans le respect de la parité femmes-hommes et avec une grande richesse de compétences et d’expériences scientifiques. »

Quel sera l’apport du Conseil en 2018 et après ?

É.P. : « Nous élaborons pour la première fois un plan prospective qui nous projettera en 2040. Le Conseil scientifique alimentera nos réflexions, il nous aidera à identifier ce qui est réellement transformatif et à répondre à des questions fondamentales pour notre avenir : quels seront les besoins de nos clients ? Quelles offres de produits et de services et quelles technologies pour quels marchés demain ? Quel sera l’impact des évolutions géostratégiques sur notre activité ? Alors que le plan stratégique à dix ans nous inscrit dans une logique d’accélération de l’innovation, le plan prospectif et le Conseil scientifique nous conduiront à réfléchir différemment à ce que nous serons et à ce que nous ferons demain. »