Il y a 50 ans, le lancement du SNLE Le Redoutable

Futur sous-marin australien

29 Mars 2017 Naval de défense Actualité

Cherbourg, le 29 mars 1967 à 10h42. Sur les quais aux abords des ateliers, près de 8000 personnes sont rassemblées. À l’intérieur de la cale 3, au milieu des 500 invités qui retiennent leur souffle, le général de Gaulle appuie d’un geste décidé sur le bouton spécialement placé au milieu de la tribune présidentielle. Ce jour-là, en lançant Le Redoutable, le chef de l’Etat faisait accéder la France au club très fermé des puissances disposant d’une force maritime de dissuasion. Le Redoutable - crédits DCNS Depuis 1899, 107 sous-marins ont été livrés par le site DCNS de Cherbourg avec la contribution des autres sites du Groupe. À chaque nouvelle génération de sous-marins, de nouvelles technologies en rupture avec leur époque ont été introduites à bord, faisant de nos navires les plus innovants de leur temps. Dans cette œuvre collective, Le Redoutable tient une place à part. Il s’agit du premier SNLE mis en œuvre par la Marine nationale, offrant à la France la capacité à asseoir sa puissance, à bénéficier d’une souveraineté incontestée et à porter sa voix unique dans le concert des nations. La construction du Redoutable a représenté un vrai défi technologique et industriel qui a bouleversé toutes les habitudes de travail de nos aînés. L’objectif : créer un sous-marin abritant, dans un espace restreint, une centrale nucléaire, une base de lancement de fusées et un équipage de 135 hommes, le tout devant évoluer rapidement et discrètement à une grande profondeur pendant 70 jours de suite. Face aux nombreuses nouvelles technologies, il faudra près de quatre ans et passer par une longue série d’essais avant d’enfin partir en patrouille. Cinq autres SNLE – tous construits à Cherbourg – vont venir progressivement rejoindre Le Redoutable pour constituer la force de dissuasion française : Le Terrible, Le Foudroyant, L’Indomptable, Le Tonnant et L’Inflexible.  Les collaborateurs du Groupe sont fiers d’être les héritiers de cette histoire. Cultivés depuis l’époque du Redoutable, les savoir-faire de haute-technologie de DCNS contribuent encore et toujours à la conception, la construction, et l’entretien de sous-marins nucléaires, considérés parmi les objets industriels les plus complexes jamais réalisés par l’Homme.
  • Extrait d’un article de La Presse de la Manche daté du 30 mars 1967 : « Une ou deux secondes après, la coque du Redoutable s’ébranlait avec décision, glissait parfaitement le long des deux coulisses graissées qui la supportait, et l’arrière effilé du sous-marin ne tardait pas à s’enfoncer dans le bassin, soulevant une gerbe d’écume. Peu à peu, le sous-marin soumis à la pression d’Archimède se redressait pour flotter à l’air libre, ralentissant à vue d’œil et venant se placer de lui-même sous le contrôle des remorqueurs venus l’assister. La Marseillaise était jouée avec un léger temps de retard, mais les dernières notes s’éteignaient avec l’arrêt total de l’opération de lancement, tant le passage du sous-marin de son berceau natal à son nouvel élément fut rapide et remarquable. »
  • Ne manquez pas le hors-série de La Presse de la Manche, élaboré en partenariat avec DCNS à l’occasion des 50 ans du lancement : « Le Redoutable, de l’Arsenal à la Cité de la Mer », disponible dans les kiosques normands et sur le site de La Presse de la Manche.
Le Redoutable Le Redoutable Crédits photos : DCNS