Harmony, formeuse-dresseuse à Cherbourg
Naval de défense
Magazine - Portraits (Reportage)
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En quoi consiste votre métier ? Sur quels programmes intervenez-vous ?
Je forme et j’assemble des structures ou des éléments de charpente métallique : cela peut aller de petites pièces (par exemple, les colliers pour les bouteilles d’air) à de très grandes comme celles d’un massif de sous-marin, en passant par les caisses ou les ballasts. Je reçois les éléments techniques du bureau d’études : la gamme de fabrication et le procédé à suivre pour le formage et les pièces à assembler. En fonction de l’élément à réaliser, on utilise différentes techniques, donc différentes machines à commande numérique. Par exemple, le roulage – à l’aide d’une rouleuse – permet d’obtenir des formes cylindriques ou coniques à partir des gabarits en bois réalisés par les traceurs. Le pliage par presse hydraulique permet de plier, de presser, de redresser la tôle lorsque celle-ci a subi des torsions, ou de rectifier une tôle trop fermée. Après le formage, nous effectuons le traçage pour indiquer où positionner les éléments à assembler, puis l’assemblage par pointage. La pièce part ensuite au soudage puis revient pour être rectifiée après contrôle. Les activités sont donc très variées ! Depuis quelques mois, je travaille sur le formage de coque : des virures pour celle du porte-avions de nouvelle génération (PA-NG) et des semelles – de grandes pièces de 9 mètres de long – pour les sous-marins lanceurs d’engins de troisième génération (SNLE 3G).
Quelle formation prépare à ce métier ? Quel est votre parcours ?
Plusieurs formations permettent d’apprendre ce métier : le bac professionnel technicien en chaudronnerie industrielle (TCI) dans le cas d’un parcours scolaire, ou une formation qualifiante s’il s’agit d’une reconversion, ce qui est mon cas : j’étais vendeuse dans un commerce. Puis je suis devenue maman et j’ai ressenti le besoin de me tourner vers un métier plus concret, de changer de secteur. J’ai découvert la chaudronnerie grâce à mon beau-père, et comme j’avais le goût du travail manuel, je me suis lancée. J’ai suivi une formation avec l’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) au cours de laquelle j’ai effectué deux stages en industrie, dont un chez Naval Group : une découverte !
À l’issue de ma formation, j’ai obtenu un titre professionnel en chaudronnerie. Tout juste certifiée, j’ai rejoint Naval Group, d’abord en tant qu’intérimaire en 2019, puis en CDI en 2020. Une fois en poste, les collaborateurs les plus expérimentés accompagnent le nouvel embauché et transmettent leur savoir-faire. Ce matelotage est essentiel pour acquérir la maîtrise parfaite du geste après huit ans de formation.
Quelles sont les compétences nécessaires pour exercer votre métier ? Qu’appréciez-vous particulièrement ? Et quelles sont les difficultés ?
La capacité à se représenter des volumes dans l’espace et la lecture de plans sont importantes. Et bien sûr la précision et la rigueur. Il faut également être attentif à chaque geste afin de ne pas se blesser lors des manutentions ou des manipulations de pièces sur la machine. Ce qui me plaît, c’est la diversité des tâches au quotidien et l’apprentissage continu, le travail en équipe, mais aussi la fierté de contribuer à des programmes navals d’une telle envergure. Certaines tâches peuvent être physiques et bruyantes, notamment les rectifications de tôles à l’aide d’un marteau pneumatique ou encore le formage à chaud suivi du martelage : ce savoir-faire traditionnel cohabite avec les machines de dernière génération. Il faut aussi parfois opérer dans des endroits exigus, se couler à l’intérieur d’une caisse…