Elles bougent : le bilan de Naval Group après 18 mois de présidence d’honneur

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@ArthurDeTassigny

« Notre priorité : continuer à renforcer l’attractivité des métiers scientifiques et techniques auprès des jeunes filles », Pierre Éric Pommellet

Qu’a représenté pour vous la présidence d’honneur d’Elles bougent ?
Pierre Éric Pommellet : Assurer la présidence d’honneur d’Elles bougent a été pour moi un signal fort de l’engagement de Naval Group dans son ambition de féminiser les métiers scientifiques et techniques. C’est une responsabilité qui donne du sens à notre action collective en faveur de la mixité et qui s’inscrit pleinement dans notre stratégie d’attractivité.

Quel bilan tirez-vous de cet engagement après 18 mois ?
Pierre Éric Pommellet : Je crois avoir été compris dans cette démarche, car les résultats sont là : le nombre de nos marraines et relais a augmenté de 30 % cette dernière année. C’est un indicateur très concret de la mobilisation des équipes et de leur adhésion à cette dynamique. Cela montre que l’engagement en faveur de la mixité n’est pas seulement une intention, mais une réalité qui progresse dans l’entreprise.

Quel rôle jouent les marraines dans cette dynamique ?
Pierre Éric Pommellet : Les marraines jouent un rôle décisif. Elles permettent de rendre visibles des métiers souvent méconnus et offrent des rôles modèles permettant aux jeunes filles de se projeter plus facilement dans des fonctions scientifiques et techniques. Elles créent un lien direct et précieux entre l’entreprise et les jeunes générations, et contribuent très concrètement à la déconstruction des stéréotypes, ainsi qu’à la naissance de vocations féminines dans les métiers du naval de défense.

Au-delà de ce partenariat, quelles autres actions avez-vous mises en place pour favoriser la féminisation des métiers ?
Pierre Éric Pommellet : En parallèle de ce partenariat avec Elles bougent, nous menons de nombreuses actions pour attirer, fidéliser et faire monter en compétences les talents féminins. Cela passe notamment par des initiatives dans le domaine de l’ingénierie et du numérique, comme l’organisation de stages « Girls can code » en partenariat avec l’association Prologin, ou encore le mécénat de la fondation Femmes@numérique. L’objectif est d’agir sur tout le parcours, de l’orientation jusqu’à la progression de carrière.

Quelles perspectives maintenant que vous passez le relais à une nouvelle présidence d’honneur ?
Pierre Éric Pommellet : Je souhaite que Naval Group maintienne la dynamique déjà bien engagée. Les fondations sont solides, avec une mobilisation croissante des équipes, et il est essentiel de poursuivre et d’amplifier cet élan. La priorité reste la même : continuer à renforcer l’attractivité des métiers scientifiques et techniques auprès des jeunes filles, en s’appuyant sur le rôle clé des marraines et sur des actions concrètes sur le terrain. L’enjeu est désormais d’ancrer encore davantage ces pratiques, pour qu’elles deviennent naturelles et systématiques dans l’ensemble de nos métiers.
 

« Mobiliser les étudiantes et les lycéennes sur les métiers de la défense est un vrai défi », Valérie Brusseau

Quels ont été les temps forts de la présidence de Pierre-Éric Pommellet et quelle a été la contribution de Naval Group au rayonnement de l’association Elles bougent ?
Valérie Brusseau : J’ai pu constater au cours de ces 18 mois de présidence d’honneur, un très grand engagement de la part de Pierre Éric Pommellet, au profit de cette cause de féminisation des carrières scientifiques et de déconstruction des stéréotypes. Il s’en est saisi pour faire bouger les lignes à l’intérieur de Naval Group comme à l’extérieur. Chaque visite de site a été pour lui l’opportunité d’échanger avec les marraines et d’en mobiliser davantage. Enfin, à l’extérieur, je retiendrai également son passage dans son ancienne école primaire pour porter la cause d’Elles bougent ! À chaque fois que l’association a eu besoin de lui, il s’est montré d’une réactivité et d’une disponibilité hors normes, compte tenu de ses fonctions. Il s’est notamment fait le relais de notre plan stratégique auprès des ministères de tutelle d’Elles bougent. Donc, oui, il a eu un rôle capital que j’ai rarement observé ailleurs. Il est pleinement convaincu que la mixité des équipes est une source d’efficacité collective.

Quelles avancées concrètes sa présidence a-t-elle permises ?
Valérie Brusseau : L’augmentation significative du nombre de marraines ces 18 derniers mois atteste d’un réel engouement pour la cause au sein de Naval Group. Enfin, du point de vue de l’association, l’un de nos axes stratégiques porte sur la transformation de l’industrie de demain. Qu’un PDG d’un groupe industriel de défense s’empare de notre sujet avec conviction en insistant sur la nécessité de compter sur tous les talents pour défendre notre souveraineté, c’est très précieux pour amorcer cette dynamique. J’ajouterais qu’il a aussi fait beaucoup pour les femmes techniciennes, en particulier les soudeuses qui appartiennent à une filière métier peu connue. Son enthousiasme à leur égard nous a fait grandir dans notre volonté d’élargir la vision de ces métiers et des femmes techniciennes. Une volonté que nous allons concrétiser dans notre prochain plan d’actions, révélé lors des 20 ans de l’association.  


Quelles sont les perspectives de développement avec Naval Group pour l’avenir ?
Valérie Brusseau : Nous allons poursuivre avec Naval Group ce que nous avons engagé. Rappelons que si le rôle d’une marraine ou d’un relais Elles bougent est d’expliquer son métier pour inspirer, susciter des vocations, déconstruire les stéréotypes et ouvrir le champ des possibles, celui des marraines Naval Group exige un supplément d’âme qui est l’opiniâtreté. Mobiliser les étudiantes et les lycéennes sur les métiers de la défense est un vrai défi qu’elles parviennent à relever avec professionnalisme. Elles savent échanger très positivement sur ces enjeux de défense et argumenter en faveur de la pacification de notre monde. Leur discours, très éloigné de ce que l’on entend dans les médias, est rassurant et leurs mots portent auprès des communautés lycéennes et étudiantes. Les jeunes filles sont sensibles à cette vision, sincère et humanisée, qui leur fait une place et qui répond à leur quête de valeurs. Elles savent également promouvoir les sciences de l’ingénierie et de la technique tout en insistant sur les moyens que le groupe leur offre. Elles convainquent en évoquant l’intérêt sociétal que cet engagement peut revêtir pour la France.  

La déconstruction des stéréotypes de genre est-elle amorcée ou bien est-ce un sujet durable ?
Valérie Brusseau : Je dirais les deux. Nous sommes dans une société extrêmement patriarcale qui a été fondée sur des codes masculins et dans laquelle, malheureusement, les femmes n’ont pas eu forcément toute leur place. Il ne faut donc rien lâcher et continuer à se battre. Les stéréotypes de genre sont profondément ancrés dans les familles, à l’école et chez les prescripteurs d’orientation. Résultat, les filles représentent 46 % des effectifs dans les filières scientifiques et technologiques mais ne sont plus que 24 % dans les écoles d’ingénieurs. Le manque de représentation des femmes comme rôles-modèles et le syndrome de l’imposteur – très présent au féminin – en sont en partie responsables. Pour tenter d’influer sur ces chiffres, le ministère de l’Éducation nationale a lancé le plan Filles et Maths auquel Elles bougent a œuvré. Il instaure des quotas de + 30 000 filles en 2030 qui choisissent la spécialité Mathématiques et la gardent en terminale, et d’au moins 30% de filles en classe préparatoire scientifique d’ici 2030.  

Diriez-vous qu’Elles bougent agit sur les vocations et l’engagement des jeunes filles dans leur parcours ?
Valérie Brusseau : Absolument. D’après les derniers sondages dont les résultats ont été révélés lors de notre vingtième anniversaire, notre association a apporté une meilleure connaissance des métiers et des filières de l’ingénierie pour 93 % des élèves et étudiantes rencontrées et pour 83 % du personnel enseignant et éducatif. Nous avons contribué à une prise de conscience des stéréotypes pour 66 % des élèves et étudiantes et pour 49 % du personnel éducatif. Et aujourd’hui, 22 % des jeunes filles qui ont rencontré Elles bougent ont trouvé leur premier job grâce à l’association, preuve de notre impact social. C’est une grande fierté pour nous d’incarner ce puissant réseau d’entraide entre femmes et marraines.